I Am EC: Eventer, Academic and Show Mom Extraordinaire

Nobuko et Marshmallow
Source : Liv Drouillard

À quel moment avez-vous commencé à vous intéresser aux chevaux?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les chevaux. Quand j’avais trois ans, mon grand-père — qui montait des chevaux dans l’armée — m’a emmenée voir un cheval à la ferme d’un ami. Mes parents ne venaient pas du milieu équestre, et nous habitions à la ville. Donc, mis à part des petits tours de poney ici et là, ce n’est qu’à l’âge de 11 ans que je me suis mise à l’équitation. Lorsqu’ils en ont eu assez de mes demandes incessantes pour avoir un cheval, mes parents ont décidé de m’envoyer à un camp d’équitation. Peu après, j’ai commencé à prendre des leçons au North Shore Equestrian Centre à North Vancouver, en Colombie-Britannique (là où se sont également entraînées l’athlète professionnelle de chasse Tara Metzner et la cavalière de saut d’obstacles Tiffany Foster. Toutefois, comme Tiffany est plus jeune que moi, nos chemins ne s’y sont jamais croisés). À l’adolescence, j’étais membre du Pony Club et je louais des chevaux. Certaines personnes ne pensent qu’à l’équitation. Pour ma part, j’aime le simple fait d’être en présence de chevaux.

Quand avez-vous commencé à faire de la compétition?

J’ai commencé à concourir de façon plus régulière une fois dans la quarantaine, après mon retour à l’équitation. J’ai accroché ma selle pendant plusieurs années, le temps d’obtenir mon diplôme universitaire et d’élever mes enfants. En 2013, j’ai commencé à prendre des leçons d’équitation, avant d’acheter mon premier cheval en octobre 2014. En 2015, j’ai participé à ma première compétition, à l’occasion de concours locaux de chasse et d’épreuves combinées. Plus tard, j’ai pris part à des concours organisés par la SOCTA et l’OEA avec Jessica Buterbaugh, une entraîneure de compétition de discipline classique titulaire d’une licence de CE qui dirige maintenant l’école d’équitation du Windsor Equestrian Centre (WEC).

I Am EC: Eventer, Academic and Show Mom Extraordinaire

Nobuko et Marshmallow en competition
Source : Ian Woodley

Qu’est-ce qui vous a attirée vers le concours complet?

Je suis un peu un accro à l’adrénaline. J’aime les sauts et la vitesse, donc le concours complet était un choix plutôt naturel. J’ai aussi été attirée par le fait que beaucoup d’athlètes choisissent d’entraîner des chevaux de course à la retraite pour ainsi leur offrir une deuxième carrière. Je me suis dit qu’en vieillissant, je pourrais toujours m’orienter vers le dressage. Je faisais partie d’une écurie de concours complet, et quand j’ai reçu ma formation en cross-country, ça a été une révélation!

Nobuko Fujita et Marshmallow en épreuve ouverte
Photo Credit: Ian Woodley

Depuis combien de temps vous entraînez-vous au WEC?

Je suis avec le WEC depuis quatre ans. J’ai été l’une des premières pensionnaires. Le WEC est un établissement incroyable. C’est un peu comme un complexe cinq étoiles pour les chevaux. Je m’entraîne avec Xavier Traisnel, un entraîneur de haute performance titulaire d’une licence de CE. Ma technique s’est tellement améliorée depuis que je m’entraîne avec Xavier. Il m’aide à corriger ma position et à former un poney relativement jeune, plutôt que de monter un cheval déjà formé. De temps à autre, Lindsay (Traisnel) et Xavier entraînent Marshmallow pour faciliter la tâche aux athlètes amateurs et amatrices comme moi. C’est une véritable chance d’avoir des athlètes de concours complet d’élite pour prendre soin de nous. En février, j’ai eu la chance de les accompagner à Aiken, en Caroline du Sud, pour un début de saison précoce. J’apprends beaucoup en regardant Xavier et Lindsay à l’œuvre, surtout sur le cross-country. J’espère que leur expertise et leur détermination à monter des chevaux talentueux pour réaliser de grands et difficiles sauts déteindront un peu sur moi.

Pouvez-vous nous faire une courte autobiographie et nous parler de votre patrimoine asiatique? Croyez-vous que certains éléments de votre parcours équestre puissent être influencés par vos origines?

Je suis une Canadienne japonaise de première génération. Je suis arrivée au Canada avec mes parents et mon frère aîné à l’âge de 7 ans. Notre famille s’est installée dans la banlieue de North Vancouver, en Colombie-Britannique. Comme il n’y avait pas beaucoup d’Asiatiques dans mon quartier, j’étais comme une étrangère. À l’école primaire et secondaire, je me sentais plus ou moins intégrée. J’étais cette fille un peu étrange, obsédée par tout ce qui concerne les chevaux. J’incarnais le stéréotype asiatique de la minorité modèle : j’ai réussi mes études universitaires haut la main et j’ai décroché des bourses pour compléter un baccalauréat en sciences (biopsychologie) et un baccalauréat en arts (études anglaises) à l’Université de la Colombie-Britannique, en plus d’une maîtrise en anglais à l’Université Queen’s et d’un doctorat en éducation à l’Université de Toronto. 

Arrivée de Marshmallow au Canada (D), Marshmallow, Mme Fujita et Alex au Grandview HT (G)
Source : Chris Teplovs, Zita Zinn-Shamisa

Mes origines asiatiques m’ont donné une perspective différente sur le sport équestre, parce qu’à mes débuts en tant qu’enfant, l’équitation était un sport très blanc et exclusif. J’ai vu très peu d’Asiatiques ou de gens provenant d’autres groupes sous-représentés, faire de l’équitation ou participer à des compétitions au Canada. Dans une ville comme Vancouver ou Toronto, posséder un cheval est excessivement dispendieux. À Windsor, en Ontario — où je vis maintenant —, il y a davantage d’athlètes équestres asiatiques, de même qu’au Canada et aux États-Unis. C’est super de voir de jeunes athlètes asiatiques comme Jessica Wang (wangequestrian), Lucy Zhang (lucyzhang.eq), Augusta Iwasaki et Mimi Gochman.

Nous savons que Marshmallow est une ponette rescapée. Pouvez-vous nous en dire plus à son sujet et à propos de votre duo?

Marshmallow est une jument marmorée baie qui fait 14,1 mains. Nous savons très peu de choses sur ses antécédents, mis à part qu’elle a été rescapée des inondations de 2016 en Louisiane. Les vétérinaires croient qu’elle a environ 10 ans, et qu’il pourrait s’agit d’un Poney des Amériques. Marshmallow a été entraînée à la selle par Sarah MacKusick Mills du Iron Star Equestrian à la Havane, en Floride, avant d’être montée par un(e) habile athlète junior. Elle s’est classée cinquième en dressage dans la division ouverte pour débutants novices à Chatthoochee Hills, en 2018.

C’est en février 2019 que j’ai acheté Marshmallow. Elle a suivi une formation complète de deux mois avec les Traisnel, jusqu’à leur retour d’Ocala. Notre partenariat a connu des débuts difficiles. Avec Lindsay comme cavalière, Marshmallow était parfaite. Mais moi, j’ai dû apprendre à monter un jeune cheval sensible. Heureusement, nous avons rapidement développé un lien très spécial. Marshmallow est si douce que même les jeunes enfants peuvent la laver et lui donner des gâteries. Sous selle, Marshmallow est une athlète courageuse. Elle peut sauter et se transformer en une bête de cross-country. Marshmallow a toutefois quelques habitudes qui lui viennent peut-être de son vécu en tant que rescapée. Par exemple, elle se méfie des planchers d’écurie. Chaque fois qu’elle sort de sa stalle ou entre dans l’écurie, elle s’arrête, baisse sa tête et inspecte soigneusement le sol. 

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Marshmallow et Mme Fujita en compétition
Photo Credit: Ian Woodley

Quels sont les défis auxquels vous avez été confrontées et quelles réalisations avez-vous accomplies ensemble jusqu’à présent?

Marshmallow est une ponette, elle me garde donc alerte! Elle est très prudente, ce qui est une bonne chose, mais son instinct d’autoprotection se déclenche rapidement, et si je baisse ma garde ne serait-ce qu’une seconde, elle peut refuser des obstacles « effrayants ». Malgré son attitude de ponette — ou peut-être à cause de cela — Marshmallow a bien performé en concours complet de niveau inférieur. Lindsay l’a montée à des épreuves Open Entry aux championnats de Will O’Wind et à Glenarden pendant la COVID en 2020. En 2021, Marshmallow et moi avons été vice-championnes dans la division senior Pre-Entry de l’OEA. En 2022, j’ai mis l’accent sur l’obtention de ma permanence à l’université. Cette année, Marshmallow et moi prévoyons notre retour. Nous nous remettons toutes les deux d’une blessure : une blessure à l’articulation fémoro-tibiale pour elle et un bras cassé pour moi, à la suite d’une chute sans lien avec l’équitation. Grâce à la vétérinaire Lotje Kouwenberg et la technicienne vétérinaire Marcie Burling, Marshmallow reçoit des traitements hebdomadaires de thérapie par champs électromagnétiques pulsé (PEMF) et au laser froid pour l’aider à guérir.

Comment trouvez-vous l’équilibre entre votre travail en tant que professionnelle universitaire et spécialiste de l’apprentissage, votre famille, votre rôle dans l’écurie et en selle, en plus de tous vos autres engagements?

C’est un véritable exercice de jonglerie entre mon travail à l’université, ma famille, ma présence à l’écurie et à l’entraînement et tous mes autres engagements. Comme je travaille dans un département qui vient en soutien au corps professoral en élaborant des cours en ligne et des ressources éducatives libres à l’Université de Windsor, ma charge de travail a explosé pendant la pandémie. Je travaillais de longues heures. Je me couchais souvent très tard et me levais tôt pour écrire des articles ou préparer un cours. Je suis également passée par le processus de titularisation, que j’ai finalement obtenue l’année dernière. La plupart des soirs, ma famille venait à l’écurie. Mon mari, qui est professeur à la University of Michigan, fait plus que sa part dans la cuisine et pour ce qui est du transport des enfants à leurs diverses activités. Pendant la saison des concours, je monte en selle cinq jours par semaine, en plus de mes deux leçons hebdomadaires et de mes déplacements pour les concours équestres les fins de semaine. Je fais des sacrifices, comme ne pas sortir avec des amis et amies, ou ne pas être aussi disponible que je le voudrais pour mes proches. Mais j’accomplis mon rêve.

I Am EC: Eventer, Academic and Show Mom Extraordinaire

Photo de famille
Source : Liv Drouillard

Qu’en est-il de vos enfants? Sont-ils (elles) des athlètes équestres tout comme vous?

Nos trois enfants font effectivement de l’équitation. Mon beau-fils Andrew, qui est au collège, fait du saut d’obstacles. Il a compétitionné sur le circuit Trillium. Mes deux filles, Tatiana et Alexandra, ont leur niveau d’équitation 4 de CE et sont membres D1 du Windsor-Essex Pony Club.

Tatiana, 13 ans, vient de commencer le concours complet. Elle loue Hope (Cinnamon Twist), une jument Appaloosa-Arabe à la robe rouan alezan appartenant à la gestionnaire du WEC, Jade MacInnes. Hope a participé aux épreuves Entraînement/EV100 de concours complet avec Jade. Tatiana et Hope forment un merveilleux duo. Dès leur première participation commune à la compétition de concours complet du Will O’Wind, le 14 mai 2023, elles ont gagné la première position dans la division Junior EV78.

Alex, 11 ans, n’est pas encore certaine de la discipline qu’elle choisira. L’an dernier, elle a monté Marshmallow au Western Ontario Region Show Jumping, et a été sacrée championne de la division 2’3”. Cet été, elle montera à nouveau Marshmallow dans les concours de la SOCTA. Une fois qu’elle aura eu ses leçons de cross-country, elle voudra peut-être essayer le concours complet. De toute façon, je respecterai son choix, quel qu’il soit. 

Alex Fujita Teplovs sur Toasted Marshmallow au WOR Pony Club Show Jumping (G), Tatiana Fujita Teplovs sur Hope au Will O’Wind Spring HT
Source : Mandie Armstrong, HM Photography, Ian Woodley

Mon expérience en tant que mère d’athlètes équestres, mais aussi en tant que cavalière, est extrêmement enrichissante. J’aime voir les enfants acquérir de nouvelles connaissances, compétences et attitudes en équitation et en gestion d’écurie. Bien sûr, je les aide — surtout lors des concours — mais mes enfants doivent prendre soin des chevaux qu’ils montent, entretenir l’écurie, voir au harnachement, et aider le personnel du WEC à nourrir, sortir et couvrir les chevaux, etc. Andrew a travaillé comme bénévole au WEC l’espace d’un été et a aidé Xavier à construire des obstacles. Tatiana y fera ses heures de bénévolat pour l’école secondaire à compter de cette année.

Quels sont vos objectifs pour cette saison (et au-delà)?

Cette année, je prévois commencer au niveau EV85 avec Marshmallow, en espérant passer au niveau EV90. Notre objectif à long terme est de compétitionner au niveau EV100. Certains jours, quand tout va mal, je me demande pourquoi je m’entraîne pour trois disciplines. Mais mes enfants me disent que je suis leur héroïne, donc je m’efforce de continuer le concours complet aussi longtemps que possible.

Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez mentionner?

Les chevaux sont un passe-temps coûteux, et beaucoup de gens me disent que c’est hautain ou élitiste. Ces personnes ne nous voient pas, les athlètes et les mères d’athlètes, en train de pelleter du fumier ou de transporter des seaux d’eau et des balles de foin. Lorsque mes enfants participent à des concours, je joue à la groom et je tresse les chevaux. Je fais même des heures supplémentaires pour payer tout ça. 

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