Hannah Denison. Un nom peu connu dans le monde du saut d’obstacles malgré la grande contribution de celle qui le porte. Le Mois de l’histoire des femmes nous offre l’occasion parfaite pour souligner le parcours de vie ainsi que la personnalité remarquables de celle qui, à 97 ans, est aujourd’hui la grand-mère dévouée de neuf petits-enfants (et 15 arrière-petits-enfants!), dont Tiffany Foster, la cavalière d’obstacles canadienne la mieux classée au monde.

C’est en 1929, soit à l’âge de 4 ans, que cette enfant curieuse et aventureuse qu’était Hannah Denison a traversé l’Atlantique à bord d’un bateau à vapeur pour immigrer depuis l’Ukraine (alors la Pologne). Encore aujourd’hui, elle se souvient de cette traversée, lors de laquelle elle a été l’une des rares personnes à bord du navire à ne pas souffrir du mal de mer. « Un soir, mes parents et mon frère aîné avaient tous le mal de mer, donc j’ai dû rester seule pendant un moment, raconte-t-elle. Je me suis retrouvée par hasard dans une fête d’anniversaire, mais je n’ai pas pu rester, car les gens jouaient aux cartes et fumaient. Je suis descendue à la chaufferie. Le sol était trempé et cahoteux, alors j’ai trébuché, je me suis cogné la tête et j’ai perdu connaissance. En fait, je pense que je fais preuve de résilience depuis très longtemps. Personne ne pouvait m’arrêter! »

I am EC: A grandmother’s strength and resilience paves the way

Plus tôt cette année, Mme Denison, du haut de ses 97 ans, était heureuse de prendre place dans le Thunderbird Show Park pour assister à la performance de Tiffany Foster dans le cadre de la Coupe des nations Longines à Langley, en Colombie-Britannique.

C’est en 1929, soit à l’âge de 4 ans, que cette enfant curieuse et aventureuse qu’était Hannah Denison a traversé l’Atlantique à bord d’un bateau à vapeur pour immigrer depuis l’Ukraine (alors la Pologne). Encore aujourd’hui, elle se souvient de cette traversée, lors de laquelle elle a été l’une des rares personnes à bord du navire à ne pas souffrir du mal de mer. « Un soir, mes parents et mon frère aîné avaient tous le mal de mer, donc j’ai dû rester seule pendant un moment, raconte-t-elle. Je me suis retrouvée par hasard dans une fête d’anniversaire, mais je n’ai pas pu rester, car les gens jouaient aux cartes et fumaient. Je suis descendue à la chaufferie. Le sol était trempé et cahoteux, alors j’ai trébuché, je me suis cogné la tête et j’ai perdu connaissance. En fait, je pense que je fais preuve de résilience depuis très longtemps. Personne ne pouvait m’arrêter! »

À son arrivée, la famille de Mme Denison a d’abord choisi de s’établir à Peace River, en Alberta. « Mes parents ont eu le choix d’aller en Argentine ou au Canada, et ma mère a opté pour le Canada, dit-elle. Je suis très heureuse de son choix! »

En 1945, avec son esprit particulièrement audacieux pour une femme de cette époque, la jeune femme de 21 ans s’est aventurée dans le Nord avec sa meilleure amie où elle a travaillé en tant que serveuse dans un café de Yellowknife, ville aurifère en plein essor située dans les Territoires du Nord-Ouest.

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Hannah Denison s’est envolée pour Yellowknife à l’âge de 21 ans.

« Je me souviens que nous avons dû atterrir sur le lac, car la ville ne comptait pas d’aéroport, raconte-t-elle. Il y avait trois pieds de neige et nous avons atterri en plein dans le banc de neige! » Elle avait des craintes face à cette expérience, mais grâce à sa bravoure, à son travail acharné et à son rire, elle a réussi. « J’ai toujours trouvé le moyen de m’amuser », plaisante-t-elle. 

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Hannah Denison aux Territoires du Nord-Ouest en compagnie du bel agent de la GRC qui allait bientôt devenir son mari. 

Son périple nordique l’a également amenée à rencontrer son futur mari. En 1946, elle et son amie ont à nouveau fait preuve d’audace en s’aventurant en canot sur le lac lorsque, au coucher du soleil, le temps a tourné. « Il y avait beaucoup de vent et nous avons dû accoster sur la barge de la GRC, se souvient-elle. Le vent soufflait si fort que nous étions complètement trempées. Et c’est là que je l’ai aperçu. » Un beau et grand gendarme de la GRC qui, plus tard, s’est vu décerner l’Ordre du Canada pour avoir été le premier camionneur canadien de la route de glace.

Ils se sont donc fréquentés, puis en 1947, l’homme a choisi de partager sa vie avec cette femme loyale, aimante et forte. « Il a acheté son certificat de libération pour que nous puissions nous marier, a dit Mme Denison. À l’époque, les agents de la GRC n’étaient pas autorisés à se marier. Nous nous sommes rendus à Edmonton pour notre mariage. Comme il était originaire de Vernon, nous avons ensuite choisi de retourner en Colombie-Britannique. » Au cours des années qui ont suivi, Mme Denison a élevé ses quatre enfants à Dawson Creek, avant d’en accueillir un cinquième en adoptant sa nièce de deux mois qui avait besoin d’un foyer. Son mari conduisait sur la route de glace et était absent la plupart du temps. Elle parvenait à se débrouiller par elle-même, sans téléphone ni voiture. 

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Tiffany Foster, accompagnée de sa sœur Rebecca Foster, sa mère Lynn Foster et sa grand-mère Hannah Denison, qui posent devant le Bale & Bucket, le restaurant que Rebecca possède et exploite sur les terrains du concours Thunderbird.

Au fil des ans, elle s’est occupée de sa famille, de ses proches et de ses amis et amies. Elle s’affairait à la préparation des plats, à la cuisine, à la couture. La porte de sa maison était toujours ouverte aux personnes qui avaient besoin d’un endroit où rester. Nombreuses sont celles qui conservent de bons souvenirs de son pain et de ses brioches à la cannelle faits maison. Personne ne quittait sa maison le ventre creux.

« Oh, oui, on me demande toujours d’apporter mes brioches à la cannelle, dit Mme Denison à propos de ses fameuses pâtisseries. J’en ai cuisiné il y a à peine quelques semaines. » Mais pour elle, le partage ne se résumait pas aux pâtisseries. En 1981, sa famille et elle ont aménagé sur leur propriété de Little Creek, sur le lac Okanagan, près de l’endroit où son mari est né. Plus tard, ils ont subdivisé les terres pour chacun de leurs quatre enfants. Cette magnifique propriété de 28 acres a été le lieu de nombreux rassemblements de famille et de proches au fil des ans.

Remplies de près d’un siècle de souvenirs, ses pensées demeurent empreintes de gratitude. « Je suis vraiment chanceuse de vivre au Canada plutôt qu’en Pologne ou en Ukraine, affirme Mme Denison, qui n’a pas perdu son côté intrépide. Ce fut un long parcours, mais j’en ai apprécié chaque minute. J’ai eu beaucoup de chance. »

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Tiffany Foster prend sa grand-mère dans ses bras à Thunderbird Show Park

Lorsqu’on lui demande comment elle occupe ses journées, elle aborde naturellement sa situation actuelle. « Je vis dans mon condo de Kelowna, dit-elle. À 96 ans, j’ai pris la décision d’arrêter de conduire, et ce, avec un dossier de conduite sans tache! » Elle souligne la grande fête qu’elle a tenu le jour de son 90e anniversaire, il y a presque huit ans. Et de sa propre initiative, elle nous exprime une réflexion profonde. « Il y aura toujours des jours meilleurs, vous savez. Mon principal conseil, c’est que demain sera une meilleure journée. Ne regardez pas en arrière, c’est du passé. »

Mme Denison est extrêmement fière d’être la grand-mère de neuf adultes qui ont tous réussi dans la voie qu’ils ont choisi d’emprunter. En plus de Mme Foster, deux fois athlète olympique et cavalière de saut d’obstacles de calibre mondial, on compte un(e) joueur(-euse) de basketball professionnel(le), un(e) chanteur(-euse) d’opéra, un(e) concepteur(-trice) Web, un(e) agent(e) de bord, un(e) chef et propriétaire de restaurant, un(e) artiste et chanteur(-euse), un(e) spécialiste du marketing des médias sociaux et un(e) entrepreneur(e).

« J’ai fait de mon mieux pour les aider. Je me suis occupée de tous mes petits-enfants. J’étais là quand ils avaient besoin de moi, dit-elle. En ce qui me concerne, ils sont tous parfaits… et m’ont gardée fauchée aussi! », dit Mme Denison en riant.

Elle a également parlé de celle qu’elle était venue voir au Thunderbird Show Park à Langley, en Colombie-Britannique. « Quand je pense à Tiffany… C’est vraiment la meilleure dans ce qu’elle fait! Elle s’intéresse aux chevaux depuis qu’elle est toute petite, et elle réussit très bien. »

Même âgée de 80 ou 90 ans, Mme Denison a tout suivi de l’ascension de sa petite-fille dans le monde du saut d’obstacles. « Mes souvenirs préférés sont ceux de Spruce Meadows, mentionne-t-elle. Chez moi, j’ai trois photos de Tiffany avec ses chevaux. Brighton et Victor sont mes favoris. Je sais qu’elle a de nouveaux chevaux, mais je ne les connais pas aussi bien. »

Alors que les souvenirs se bousculaient, elle s’est rappelé les débuts de Mme Foster. « À l’âge de deux ans, elle a reçu un cheval à bascule. Je la gardais souvent, et elle adorait ce cheval », se souvient-elle.

Un simple coup d’œil à l’histoire de Mme Denison permet de constater la façon dont une femme forte, déterminée et compétente peut ouvrir la voie aux générations futures. « J’ai toujours dit à Tiffany que la vie est telle qu’on la crée », affirme-t-elle.

Et pour la créer, elle l’a créé!

Mme Foster n’a toutefois pas oublié ses remarquables racines féminines. Tout au long de sa carrière, elle a incarné le témoignage de la devise de la famille Denison, « Perseverendo », qui signifie « persévérer » en latin.

Les conseils de son aïeule ont accompagné la cavalière tout au long de sa carrière. Elle se souvient particulièrement d’un moment où elle conduisait sa grand-mère et que cette dernière lui avait transmis quelques paroles de sagesse. « Elle m’a dit de toujours regarder loin sur la route plutôt que juste devant moi, se souvient l’athlète. Cela m’a vraiment marquée et j’ai usé de ce conseil dans toutes les facettes de ma vie. »

L’entreprise de formation et installation d’élevage de Mme Foster à Langley, en Colombie-Britannique, porte d’ailleurs à juste titre le nom de Little Creek Equestrian, un clin d’œil à la propriété familiale où tant de souvenirs ont été créés, en grande partie grâce à sa grand-mère maternelle, Hannah Denison. 

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