Nous avons eu le privilège de rencontrer François Bergeron, entraîneur titulaire d’une licence en attelage et membre du comité d’attelage de CE, qui a eu la gentillesse de répondre à nos questions sur la discipline qu’il pratique depuis plus de 35 ans. Ayant touché à toutes les disciplines d’attelage, comme la randonnée, le concours de plaisance et le concours combiné, il est entraîneur et compétiteur de haut niveau en attelage depuis 1998. Il a obtenu le statut de juge de concours combiné en novembre 2021 et est actuellement le premier juge à avoir obtenu le niveau de juge FEI 2* au Québec et le seul juge de concours combiné FEI au Canada.

I Am EC: Insights on the Sport of Driving from a Canadian Pioneer

D’où venez-vous?

Je suis né à St-Étienne-de Beauharnois (Québec) et je vis maintenant à Ormstown (Québec). J’ai grandi sur une ferme où les chevaux ont toujours été présents.

Pouvez-vous nous décrire la communauté d’attelage au Canada et au Québec?

La communauté est très diversifiée. Les adeptes proviennent de différentes sphères comme l’attelage de loisir, la compétition de plaisance, le concours combiné ou le derby. Parmi les passionnés de l’attelage, peu se dirigent vers la compétition. C’est très déplorable qu’il y ait peu de concours sanctionnés au Canada. L’évaluation des juges permet aux compétiteurs de conserver les points forts et d’améliorer les points moins bien contrôlés.   

Parlez-nous de vos débuts avec les chevaux et en attelage.

J’ai grandi avec les chevaux et les poneys d’attelage sur la ferme. Dès mon jeune âge, mon père m’a initié à l’attelage puisqu’il était un grand fervent de cette discipline. Nous avons pratiqué tous les types d’attelage : l’attelage de loisir, l’attelage de randonnée, les expositions agricoles, les concours de plaisance, les concours combinés et les derbys.

Qu’est-ce qui vous a amené dans le secteur compétitif? Et à devenir entraîneur?

Mon père souhaitait que j’aille participer avec lui à une compétition de plaisance avec une de mes juments d’attelage. Agréable surprise, le championnat de la journée m’a été décerné! Depuis ce moment, j’ai toujours eu le désir de faire plus et mieux. J’ai remporté plusieurs championnats en simple et en tandem en concours de plaisance. J’ai aussi compétitionné avec des attelages en simple, pair, tandem et quatre-en-mains. 

Il n’y avait pas d’entraîneur en attelage au Québec. En 1998, je faisais partie de la première cohorte d’entraîneurs. Cela m’a permis d’aider les meneurs à parfaire leur connaissance avec des cliniques et ateliers à travers le Canada. 

Racontez-nous vos meilleurs souvenirs de la compétition en tant qu’entraîneur de l’équipe?

Les meilleurs moments sont sans aucun doute les deux (2) années où nous avons été remplaçants en concours combiné d’attelage en simple pour l’équipe canadienne aux Championnats du monde.

Je ne peux oublier aussi les deux (2) années où nous avons été Champions Tandem au Canadian Carriage Driving Classic à Caledon, en Ontario. D’ailleurs, notre photo a été produite dans le Horse Illustrated, aux États-Unis.

En 2019, j’ai reçu le titre de Champion nord-américain niveau Préliminaire avec un « Large Poney ».  

En tant qu’entraîneur, y a-t-il des différences entre l’attelage et l’équitation? Si oui, quelles sont-elles?

Oui, il existe une énorme différence entre les deux disciplines. En équitation, l’équipe se compose d’un cavalier et d’un cheval. En attelage, l’équipe comprend le ou les chevaux, le meneur ainsi que le ou les grooms et passagers.

Évidemment, la mentalité est différente parce que notre équipage est beaucoup plus long et large. L’apprentissage et l’approche varient d’une discipline à l’autre. On se doit d’avoir un cheval qui a très bien assimilé l’entraînement de base avant de le mettre à la voiture. Les ajustements de harnais sont plus nombreux. Ce ne sont que quelques points rapides, mais on pourrait développer plus longuement. 

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Quelles fausses croyances sont véhiculées au sujet de l’attelage?

Je retrouve plusieurs fausses croyances comme l’attelage c’est facile, on met le harnais et on part. Comme, mon cheval pratique l’équitation depuis de nombre d’années, il va être bon en attelage. Non ce n’est pas toujours vrai. Le fouet, par exemple, qui remplace la jambe du cavalier, doit être manipulé avec soin pour toucher le cheval au bon endroit pour obtenir les bons résultats. Le fouet n’est pas un objet de correction.

Selon vous, quelle est votre plus grande réalisation?

Ma plus grande réalisation fut, sans aucun doute, quand je me suis rendu en Pologne pour obtenir mon niveau de Juge de concours combiné d’attelage FEI2* en novembre 2021. Je juge des compétitions depuis 2003 et chaque échelon était une préparation pour la FEI. Avant d’atteindre ce niveau, j’étais déjà Juge Senior avec Canada Équestre, Juge Senior avec l’American Driving Society, et Juge « R » avec l’USEF. Mais être Juge FEI2*, c’est le sommet pour le moment. Je suis particulièrement fier du fait que je suis le seul juge d’attelage FEI au Canada.

Que préférez-vous : votre rôle d’entraîneur ou de juge? Pourquoi?

J’aime les deux volets parce qu’ils se complètent bien. En étant juge de concours combiné, on travaille en équipe de trois (3) ou cinq (5) juges. Lors du dressage, on découvre une multivision de l’exécution des mouvements. Quant à l’entraîneur, il perfectionne le programme d’entraînement des chevaux et des meneurs afin d’obtenir les mouvements les plus justes possibles.

Vous évoluez depuis plus de 35 ans dans le monde de l’attelage en équipe, dites-nous ce qui a changé au fil des années.

Tout a changé, le niveau de compétition, les terrains de compétition avec les nouvelles surfaces, les nouvelles voitures de compétition, les chevaux, la qualité de l’entraînement avec l’influence européenne, les règlements et les formations pour les officiels, entraîneurs et meneurs. L’évolution a été fulgurante au cours des 15 à 18 dernières années.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui songe à commencer l’attelage?

Le meilleur conseil que je peux donner aux personnes qui débutent dans la discipline est de rencontrer un entraîneur avant de faire un quelconque achat. Il pourra vous orienter selon vos goûts et idéologies. Trop souvent, les gens, travaillent à l’inverse, font des achats et, par la suite, vont demander des conseils et s’aperçoivent qu’ils n’ont pas fait de bonnes acquisitions.

Comment envisagez-vous l’avenir du sport?

Même en demeurant très optimiste, je sais que l’attelage a besoin de soutien, d’encouragement et d’encadrement, et c’est ce qui est le plus difficile à obtenir. Ceci s’applique à tous les volets, autant en attelage de randonnée, de compétitions de plaisance, de concours combiné ou de derbys. Les différentes fédérations devraient offrir aux adeptes ou passionnés de l’attelage un éventail de ressources, informations et formateurs qui leur permettent d’aller plus loin, et ce, à travers le Canada.

 

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